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  • Posté le 24 mars 2020 / 6 visites

Lettre ouverte de la CGT Auvergne-Rhône-Alpes à son DI

Voilà plusieurs jours que la CGI de la DI ARA tente de faire comprendre au DI qu’il est un des rares à ne pas prendre les mesures de précaution primaires qui s’imposent à tous.
D’échanges en échanges, les attaques personnelles du DI contre la CGT se font plus pressantes, ce qui est intolérable.
La CGT dans l’interrégion a donc décidé d’envoyer cette lettre ouverte au DI

LETTRE OUVERTE du 24 mars 2020

Monsieur le directeur interrégional par intérim,

J’ai bien reçu, tout comme l’ensemble des agent.e.s de l’interrégion Auvergne-Rhône-Alpes, votre réponse courroucée à mon courriel du dimanche 22 mars 2020 qui leur avait été également diffusé.
Je note au préalable le titre de votre adresse aux collègues : message de Monsieur le directeur interrégional par intérim à Monsieur Jean-Marc Constantin.
En omettant de préciser votre nom, et en mettant en exergue le mien sans mentionner ma fonction de secrétaire régional de la section de Chambéry du SNAD-CGT, vous utilisez cette vieille et détestable technique patronale qui consiste à vouloir personnaliser l’attaque pour isoler le syndicaliste en tant que personne. J’en ai l’expérience dans mon parcours syndical. Cela ne vous grandit pas et ne m’impressionne pas. Le courriel avait été évidemment rédigé et envoyé avec l’accord des militants de la section de Chambéry, mais le fonctionnement syndical collectif est quelque chose que le patronat, douanier ou autre, a toujours du mal à saisir.

Sur le fond, si j’ai pris le temps de vous écrire en urgence un dimanche matin après m’être concerté avec mes camarades, c’est que la situation est grave pour les agents de l’interrégion, qui est parmi les plus touchées par l’épidémie de COVID-19.
Les derniers chiffres globaux du 20 mars le confirment : 19 agent.e.s infecté.e.s soit plus de 1%, 87 en quatorzaine. C’est tout simplement énorme par rapport au taux global de positivité dans la population française qui est de moins de 0,05%, et je ne crois pas au hasard en la matière, mais au fait que les agent.e.s des douanes sont trop exposé.e.s, en douane en général, et dans l’interrégion en particulier.

Il convient de rappeler l’historique dans l’interrégion : vous avez mis en place les plans de continuité d’activité seul avec l’encadrement supérieur de l’interrégion et des directions, sans jamais consulter les représentants du personnel et encore moins les agent.e.s eux mêmes naturellement.
Ce n’est que le mercredi 18 mars après- midi, après un premier message adressé au directeur régional à Chambéry par mes soins demandant le PCA de la direction, que vous avez envisagé de tenir un rendez-vous téléphonique avec les organisations syndicales, le premier ayant eu lieu le vendredi 20 mars après-midi. Parler de faible réactivité pour entamer le dialogue social en une telle période de crise relève de la litote.

Sur le contenu de mon courriel du 22 mars, vous n’apportez aucune réponse concrète aux constats et interrogations les plus importants :

- Sur l’excès de présentiel, illustré par exemple par 8 agents à la direction régionale de Chambéry, mais aussi par des présences non impérieuses au bureau de Chambéry (avec au moins deux agents infectés depuis hier 23 mars), ou encore le refus du chef divisionnaire à Chambéry de limiter à deux agents le service au Cerro à Chamonix malgré la proposition en ce sens du CSDS. Des projets de surveillance mobile également, notamment à Modane, où des projets de contrôles conjoints entre brigades, générateurs de contacts superflus entre agents et contraires aux règles sanitaires de distanciation sociale énoncées par les autorités, ont été envisagés avant d’être, au dernier moment, mis en suspens.
A noter également les multiples informations qui remontent des unités de surveillance sur les escouades trop nombreuses au regard du trafic à traiter, par exemple à Bellegarde.
Partout dans l’interrégion, l’activité n’est pas limitée aux missions strictement impérieuses pour la population et pour l’Etat, et les agents mobilisés trop nombreux en présentiel, ce qui concourt à augmenter le risque de contamination entre eux et avec les usagers.

- Sur l’utilisation de masques pour des missions non impérieuses, et sur l’existence en douane, dans les directions, de stocks qui devraient être destinés prioritairement aux personnels soignants publics ou privés qui en manquent, là encore vous ne répondez pas.

- Sur la transparence service par service et non un chiffre global pour l’interrégion, aucune réponse non plus. Les collègues ont pourtant le droit de connaître précisément l’état de la propagation du virus service par service, dans celui où ils exercent mais aussi dans les autres.

En conclusion, je maintiens que le présentiel imposé aux agents de l’interrégion est trop important et ne correspond pas aux seules missions impérieuses que doit accomplir la douane. Ce faisant, vous mettez en danger inutilement les agent.e.s des douanes, et les chiffres de contamination le prouvent. Vous rappeler votre obligation de sécurité de résultat et votre responsabilité pénale éventuelle en la matière, c’est simplement mettre une pression au bénéfice des agents.e.s de l’interrégion, et la CGT l’assume pleinement. En tous les cas, il est incontestable qu’elle a suscité votre réaction.

Nous attendons que les PCA répondent à deux principes simples, qui reposent sur deux mots qui ont une claire signification dans la langue française, impérieux et confinement :

- la limitation de l’activité des douanier.e.s aux missions strictement impérieuses, avec un nombre d’agent.e.s strictement calibré pour lesdites missions, pour éviter au maximum les contacts entre eux et avec les usagers.
- le confinement sous forme d’AAE, ou de télétravail quand c’est possible, dans tous les autres cas.

Ce n’est qu’à ces conditions que la santé des agent.e.s des douanes pourra être préservée au mieux, ou plutôt au moins mal. C’est d’ailleurs le sens du durcissement des mesures de confinement décidé lundi par le gouvernement.

Je suis sûr que vous aurez à cœur d’agir dans ce sens, pour éviter que les douanier.e.s continuent à être infecté.e.s à un niveau inacceptable, ce qui est le cas et continue aujourd’hui.


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